mercredi 8 mars 2017

La permaculture sur 150 m2



Je viens de terminer la lecture du livre de Joseph Chauffrey Mon petit jardin en permaculture publié aux éditions Terre Vivante.

Comme il dispose de 150 m2 alors que moi je cultive plutôt sur 800 (sur un terrain total de 1600 m2), j'étais curieuse de voir si nos techniques différaient.

L'avantage d'un terrain plus petit est d'y passer moins de temps et de pouvoir le surveiller constamment, car on peut englober l'ensemble du jardin dans un seul regard.
De plus les allées et venues pour transporter des arrosoirs, porter du paillage ou des bacs de semis, aller rechercher un outil oublié sont réduits.

On intervient aussi plus rapidement quand on a une petite surface : en effet, j'avoue qu'après avoir traversé de long en large mon jardin pour :
  • semer un peu ici, 
  • repiquer 3, 4 plantes là, 
  • remonter une dizaine d'arrosoirs pour arroser là et là-bas, 
  • cueillir ailleurs, 
  • redescendre chercher un outil ou en rapporter un autre, 
  • m'apercevoir que j'ai bien pris la ficelle, mais que j'ai oublié les ciseaux, etc.,
il m'arrive en fin de journée, lorsque je vois quelque chose d'important à faire, mais qui m'oblige à faire le "quatre vingt douze millième" allez-retour de l'après-midi de me dire, bon je verrais ça demain (et bien sûr de l'avoir oublié bien avant le lendemain !).


Mais, l'inconvénient d'une si petite surface, c'est de ne pouvoir mettre qu'un nombre réduit de variétés de légumes et peu d'arbres fruitiers qui prennent de la place, même en utilisant la technique du jardin-forêt.

Le fait d'être entouré d'autres maisons lui fait de l'ombre, mais régule aussi la température, créant ainsi un micro-climat. Mais, ces murs autour empêchent la circulation de toute la faune terrestre ; il est donc obligé de favoriser la faune aérienne.

Il dispose d'une mare ce qui améliore grandement son écosystème et a installé plusieurs constructions en bois (pergola, brises vues, abri de jardin, bûcher) ce qui lui permet de cultiver en hauteur de nombreuses plantes en les faisant grimper pour gagner de la place au sol.

Sa serre lui permet de réaliser de nombreux semis démarrés hors-sol et donc d'avoir toujours des plants prêts à être repiqué dès qu'une place se libère. Ainsi, chaque centimètre carré de jardin est rentabilisé.

Il peut suivre plus précisément chaque culture et noter minutieusement ses observations, afin de pouvoir constamment améliorer son process.

J'avoue avoir bondi de ma chaise quand j'ai vu qu'il utilisait encore de la bouillie bordelaise. Même si ce produit est utilisable en bio, le cuivre va, à la longue, s'emmagasiner dans le sol et détruire de nombreux micro-organismes, champignons et bactéries bénéfiques.

Les grands principes de la permaculture sont évoqués, mais sans qu'aucune référence à leurs concepteurs (Bill Mollison et David Holmgren) ne soit faite (à part une petite mention dans la bibliographie).

L'auteur utilise de la paille en paillage et même comme substrat de culture, mais il n'est nulle part précisé qu'il s'agit de paille bio . Cela pourrez induire en erreur le lecteur. Sachant que les céréales sont les plantes qui reçoivent le plus de traitements chimiques, le fait qu'il n'y ai aucune mention, aucun encart, aucune mise en garde sur ce sujet me paraît aberrant ! Le lecteur pourrait, en toute bonne foi, acheter de la paille non bio pour son jardin. Or, les pesticides contenus dans de la paille non bio vont se retrouver immanquablement dans le sol et les légumes !

Evidemment, pratiquant la permaculture depuis plus de 10 ans, je n'ai pas appris grand-chose de nouveau et ne retiendrai rien de plus que ce que je pratique déjà (à part l'idée de réaliser plus de semis hors-sol en plaques alvéolées que je ne le fais actuellement), mais pour quelqu'un qui a un jardin urbain de petite taille et qui veut le cultiver, ce livre peut-être intéressant pour bien démarrer.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...